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 Quand le DRH fait un burn-out

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Messages : 338
Date d'inscription : 20/04/2013

MessageSujet: Quand le DRH fait un burn-out   Mer 16 Oct - 7:37

Ca fait partie du métier... En 2010, Jacky Lhoumeau, alors DRH d'une multinationale de l'industrie pharmaceutique, est chargé par sa direction d'organiser un plan social avec 250 départs sur les 1400 salariés que compte la filiale française. Un plan dont il ne fait pas partie mais "avec des délais drastiques" à tenir. Quelques mois plus tard, il fait un burn-out. Sa souffrance avait pourtant été décelée un an plus tôt par la médecine du travail dans le cadre d'un observatoire du stress au travail. Mais le "dossier" est resté sans suite.
Aujourd'hui âgé de 57 ans, Jacky Lhoumeau est toujours salarié du groupe mais en "invalidité sur décision médicale". Il a depuis écrit un livre en guise de thérapie," D comme DRH et... Dépressif " (éd. Tatamis), dans lequel il retrace son histoire et ses déboires. Et où il affirme haut et fort : "Oui le métier de DRH est un métier à risques". Entretien.

L'Entreprise : Quelles ont été les causes de votre dépression ?

Jacky Lhoumeau : Je considère avoir été victime d'une forme de harcèlement de la part d'un dirigeant pendant une année entière. Dans le même temps, j'ai dû prendre en charge un plan de départs avec des conditions, que j'estime, particulièrement pénibles pour les salariés.

C'est donc ce plan de départs qui déclenche tout ?

Oui. C'est un épisode particulièrement douloureux même si j'ai cru à un moment que je m'en étais sorti. Je pense que c'est les conditions de la mise en oeuvre de ce plan de départs qui ont fait que j'allais plus mal encore. D'ailleurs, j'ai fini par faire un burn out fin 2010, peu après la route du plan.

Même si c'était difficile, vous faisiez juste votre travail, non ?

En ce qui me concerne ça a été difficile. J'étais chargé d'accompagner les salariés dans le plan de départs. Je recevais leur détresse, teintée de rancoeur. Tout cela se déversait directement dans mon bureau. J'ai été obligé de jouer le rôle du psy alors que je n'y était pas préparé. En l'occurrence c'était 250 départs sur un effectif de 1400 personnes. Je ne les ai pas toutes reçues parce que c'était impossible en raison des délais qui nous étaient impartis. Mais j'ai " traité " personnellement une trentaine de salariés, tous cadres supérieurs de l'établissement.

Comment cela s'est-il traduit ?

Par la perte du sommeil. Jétais devenu insomniaquedepuis quelques années. Mais aussi par la perte d'appétit, le changement de comportement. Je pense notamment à une irascibilité exacerbée au travail, à la difficulté de concentration sur des sujets simples... C'était autant de signes avant-coureurs.

Comment votre hiérarchie a-t-elle réagi ?

Clairement, je me suis senti très seul. Je sais que par essence, le métier de DRH est assez solitaire. J'ai exercé pendant 35 ans dans les ressources humaines, dont 20 ans dans la même entreprise. Je connais donc très bien les difficultés de mon métier. J'ai senti que je n'étais pas considéré comme un salarié comme les autres. On attend du DRH qu'il soit infaillible, qu'il ne montre surtout pas ses faiblesses. Qu'il soit inoxydable en quelque sorte. Et même vis-à-vis d'autorité compétente comme la médecine du travail, personne n'entendait la situation dans laquelle j'étais.

Pensez-vous que votre cas est isolé ?

J'aimerais le croire mais je ne le pense pas. Si je me réfère aux témoignages que j'ai reçus depuis la publication de mon livre début septembre, beaucoup de personnes qui travaillent dans les RH et qui d'une manière plus générale ont des responsabilités de management, me font état de leurs difficultés et de leur souffrance. J'ai même le sentiment que ce mal devient endémique.

Si le management repère les signes avant-coureurs dont vous venez de parler, comment peut-il aborder le problème avec la personne concernée ?

C'est effectivement la question. Ces signes peuvent être repérés; dans mon cas la médecine du travail l'avait fait. Une année auparavant, un système d'évaluation du stress avait été mis en place dans l'entreprise dans le cadre d'un observatoire du stress et de l'anxiété. Le médecin du travail avait proposé à tous les salariés (y compris moi) de répondre à un questionnaire. Verdict : il m'avait placé sur une échelle de "sur-stress professionnel". Et bien, malgré cette mesure "scientifique", c'est resté comme ça. Je n'en ai pas parlé à ma hiérarchie, et vice-versa.

Est-ce que le principal problème n'est justement pas là? Qui doit s'occuper du DRH au final si ce n'est pas sa hiérarchie ?

Je pense que le premier qui aurait dû s'occuper de moi, c'est moi-même. Il y a une difficulté à parler de cela dans l'entreprise. Si ce sujet est autant tu, c'est parce que les salariés ont du mal à l'exprimer. Est-ce de la gêne, de la pudeur, de la honte? En tout cas, il y a clairement une difficulté à parler de son mal-être au travail. Dans ma position j'ai parfois eu le sentiment que c'était malvenu de dire que j'étais épuisé à une hiérarchie qui n'aurait pas compris que je puisse être dans cette situation. Donc je l'ai tu... jusqu'à ce que je craque.

Source : L'Entreprise
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On oublie trop souvent que les RH sont des pions que la Direction n'hésitera pas à jeter à la poubelle lorsque le besoin s'en fera sentir.

Néanmoins, certains RH prennent leur rôle de "coupeurs de têtes" avec un plaisir non dissimulé. Ce sont les éternels idiots utiles du Système...

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