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 Loi Macron: en soutenant le 49-3, Gattaz fait un bras d'honneur au dialogue social

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MessageSujet: Loi Macron: en soutenant le 49-3, Gattaz fait un bras d'honneur au dialogue social   Mar 16 Juin - 13:21

Le président du Medef approuve que certaines mesures modifient le code du Travail sans avoir été discutées par les partenaires sociaux ou les députés. Le principal, c'est qu'elles aillent dans le sens des entreprises. Un opportunisme que Laurence Parisot, sa prédécesseuse, rejetait au nom de la démocratie sociale.

Les temps changent au Medef… On le sait, Pierre Gattaz n'est pas un grand fan du dialogue social. Pour le patron des patrons, le temps des grandes négociations interprofessionnelles qui accouchent d'accords minimalistes ou des sommets sociaux en tout genre est révolu. «Il faut arrêter de tourner autour du pot, confiait d'ailleurs le président du Medef, il y a deux mois, dans une interview au Figaro. Si on reste dans le registre de la lutte des classes, on va mettre des siècles à réformer le pays. Et il sera trop tard. On peut faire toutes les conférences sociales que l'on veut, mais si on ne lance pas des réformes ambitieuses comme Schröder et Hartz l'ont fait en Allemagne, cela ne servira à rien».

Résultat, Pierre Gattaz comprend sans sourciller le passage en force de Manuel Valls sur la loi Macron. «L'utilisation du 49-3 permet d'éviter des risques, des zigs et des zags, a-t-il avoué ce mardi matin lors de sa conférence de presse mensuelle. La loi Macron va globalement dans le bon sens même si ce n'est pas le grand matin libéral (…), c'est une aurore. Je soutiens le 49-3 si ça permet d'aller dans la bonne direction». Il est même allé jusqu'à juger «dommage» que les Républicains (ex-UMP) aient décidé de saisir le conseil constitutionnel lorsque la loi sera promulguée.

«Je soutiens le 49-3 si ça permet d'aller dans la bonne direction»
Pierre Gattaz, le 16 juin 2015


Ce soutien du patron des patrons, et à ce titre du représentant du plus important partenaire social patronal, est choquant à bien des égards. En actionnant le 49-3 sur la loi Macron, Manuel Valls veut faire passer des dispositions sociales, comme le plafonnement des indemnités aux prud'hommes ou l'extension de 2 à 5 ans de la durée des accords de maintien dans l'emploi, qui n'ont jamais été discutées par les partenaires sociaux. D'aucuns pourraient y voir un déni de démocratie sociale, doublé d'un déni de démocratie parlementaire (les mesures en question n'ayant été débattu, et encore rapidement, qu'en commission spéciale)… cautionné par le président du Medef. Un comble, même si les dispositions dont on parle vont clairement dans le sens du patronat et sont jugées, par tous, plutôt favorables aux entreprises.
L'attitude de Pierre Gattaz, qui a au moins le mérite de la cohérence, tranche également avec ce qu'on a pu connaître par le passé. Car tel n'a pas toujours. Souvenez-vous: en juin 2008, le gouvernement était passé en force en modifiant substantiellement, dans son projet de loi sur la représentativité des syndicats, une disposition majeure de la position commune établie par quatre partenaires sociaux (CGT et CFDT côté syndical, Medef et CGPME côté patronal)… sur les 35 heures.

«Il faut tordre le coup aux 35 heures mais pourquoi tordre en même temps le cou au dialogue social ?»
Laurence Parisot, le 29 juin 2008


A l'époque, Laurence Parisot, la prédécesseuse de Pierre Gattaz, avait crié au scandale, non sur le fond (la mesure poussée par Xavier Bertrand, alors ministre du Travail, allait pleinement dans le sens des entreprises) mais sur la forme. L'exécutif imposait en effet aux partenaires sociaux son choix sur un point très sensible du droit du travail -en l'occurrence l'assouplissement des possibilités de dérogation aux 35 heures directement au niveau des entreprises- alors que les syndicats et le patronat s'étaient entendus sur des modalités moins contraignantes.
Pour l'ex-égérie du Medef, le gouvernement passait en force et manquait de respect aux partenaires sociaux. «Il faut tordre le coup aux 35 heures mais pourquoi en même temps tordre le cou au dialogue social ?», avait-elle à l'époque critiqué, allant jusqu'à parler de «faute politique» pour la droite et demandant au ministre du Travail de s'en tenir aux dispositions prévues dans le texte du 9 avril. En vain. Xavier Bertrand avait tenu bon et son assouplissement des 35 heures avait été voté par le Parlement. Un épisode resté célèbre dans les annales des relations sociales en France et qui avait marqué le début de la fin de l'ère de la démocratie sociale sous Nicolas Sarkozy…

Source : Le Figaro
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