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 Autoroutes: les exploitants vont-ils continuer à se gaver ?

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Date d'inscription : 20/04/2013

MessageSujet: Autoroutes: les exploitants vont-ils continuer à se gaver ?   Jeu 18 Sep - 17:16

Coup de chaud sur Vinci, Eiffage et Abertis. L'Autorité de la concurrence dénonce la rente exceptionnelle dont ils bénéficient depuis la privatisation des autoroutes. L'Etat aura pourtant du mal à redresser la barre.

Bruno Lasserre, président de l'Autorité de la concurrence, est un homme parfaitement affable. Pourtant, en présentant l'avis sur le secteur des autoroutes après leur privatisation qui lui a été demandé par la Commission des finances de l'Assemblée nationale, on le sent bouillir intérieurement. Avec un chiffre d'affaires en hausse de 26% depuis leur vente en 2006 à Vinci, Eiffage et Abertis, les sept sociétés d'autoroute qui se partagent 92% du marché français affichent un taux de rentabilité entre 20 et 24%. Des chiffres "exceptionnels" , souligne l'Autorité de la concurrence. Surtout mis en regard avec les rentabilités plus modestes de leurs propriétaires: 5,1% pour Vinci et 2,3% pour Eiffage, par exemple. En résumé, l'Etat s'est séparé de véritables vaches à lait, tout en abdiquant une partie de son pouvoir de régulation sur ces monopoles devenus privés.

Tarifs en hausse constante

Premier angle d'attaque de l'Autorité qui défend les consommateurs: l'augmentation du tarif des péages a été presque systématiquement supérieure à l'inflation. Alors que le cadre juridique des concessions ne leur garantissait qu'une hausse annuelle minimale égale à 70% de l'inflation, il a été remplacé, à leur avantage, par des contrats de plan qui montent la hausse à 80% et qui complètent l'addition par une compensation des investissements prévus dans l'avenir - investissements se révélant quelquefois surestimés. C'est donc des hausses largement supérieures à l'inflation que les automobilistes ont dû payer chaque année. Par exemple, une hausse de 2,10% par rapport à une inflation de 1,69% en 2013. Et une hausse tarifaire totale de 21,7% depuis 2004.
Banco. Dans le même temps, le trafic augmente (+4,1% depuis 2007). Cette politique tarifaire mieux disante et l'augmentation du nombre de clients a fait passer le chiffre d'affaires des concessionnaires historiques de 5,8 milliards d'euros en 2004 à 8,2 milliards en 2013. Soit + 26% depuis 2006.

Des actionnaires très bien servis

Un chiffre d'affaires en hausse, rapporté à des coûts bien maîtrisés. Depuis la privatisation, les effectifs des sociétés d'autoroutes ont fondu de 14%, expliquait Marianne en 2011. Les coûts des sociétés d'autoroute ont augmenté bien moins rapidement que leur chiffre d'affaires, note l'Autorité. Surtout quand les investissements ne sont pas au rendez-vous, puisqu'ils se limitaient selon Marianne à deux milliards d'euros par an. En conséquence, les concessionnaires affichent des marges opérationnelles record: 44% pour Sanef, 50% pour APRR, 49% pour ASF et 51% pour Cofiroute en 2013. Qui aboutissent à cette rentabilité décrite comme "exceptionnelle" par l'Autorité. En euros sonnants et trébuchants, elles ont rapporté 12,6 milliards depuis 2006.
A qui profite le pactole? Aux actionnaires, qui ont empoché chaque année la quasi totalité des bénéfices. En moyenne, sur la période 2006 - 2013, ils ont même eu droit à 136% des bénéfices, soit 14,9 milliards d'euros, grâce à deux années exceptionnelles: 2006 et 2007. Par quel tour de passe-passe? ASF et APPR se sont endettées pour verser ces sommes faramineuses...
La dette, justement, est la raison invoquée par les exploitants pour justifier leur rentabilité élevée. Elle s'élevait à plus de 23,8 milliards d'euros au 31 décembre 2013. Mais elle est instrumentalisée, dénonce l'Autorité. Alors que selon les projections elle aurait dû baisser, en raison de l'achèvement des programmes d'investissement, elle est repartie à la hausse dès 2006. Elle n'était alors que de 20,9 milliards. En raison du cash-flow généré par l'activité et du trafic qui va croître jusqu'en 2030 au moins, le remboursement est pourtant assuré, a calculé l'Autorité de la concurrence. Il n'y a donc aucun risque de ce côté. Si les sociétés d'autoroute "préfèrent l'endettement à l'autofinancement", selon l'Autorité, c'est que la dette leur permet de bénéficier de la déductibilité totale des intérêts d'emprunts de leurs impôts. Soit 3,4 milliards d'euros depuis 2006. Même le fisc est perdant dans l'affaire.

Comment récupérer la manne ?

"Nous invitons l'Etat à reprendre la main", résume Bruno Lasserre. L'Autorité entend profiter du calendrier. Les sociétés d'autoroute viennent en effet de négocier avec l'Etat un Plan de relance autoroutier, qui en échange de 3,6 milliards de travaux à leur charge, prolonge leur concession, selon les cas de trois à six ans. Il y aurait 15 000 emplois à la clé. Ce plan, l'Etat le justifie par le manque d'activité dans le secteur des travaux publics. Les priorités de court terme priment - comme en 2006, au moment de la privatisation.
Mais tout n'est pas joué, puisque la Commission européenne doit dire si ce plan contrevient à la libre concurrence, et pourrait le désapprouver. Selon nos informations, elle vient d'ailleurs de demander pour la troisième fois à la France des explications à son sujet. Elle ne rendra pas son avis avant la fin de l'année. C'est donc le moment ou jamais pour rénégocier "en faveur des usagers et de l'Etat", enjoint l'Autorité de la concurrence. Elle propose d'imposer aux sociétés d'autoroutes une nouvelle formule d'indexation du tarif des péages ainsi que des clauses de réinvestissement et de partage des bénéfices. En parallèle, elle propose de créer une autorité indépedante de régulation des transports terrestres.

Un rapport de force

Le seul réel moyen de pression de l'Etat sur les propriétaires des exploitants d'autoroute semble donc être la carotte d'une prolongation des concessions, qui retarde "leur retour dans le giron de l'Etat", regrette l'Autorité. Quant aux contrats de concession, ils sont "blindés", prévient Bruno Lasserre. Tout modification défavorable aux exploitants pourrait entraîner des demandes de réparations onéreuses.
La porte est donc étroite. Avec son avis, l'Autorité de la concurrence met la pression sur les sociétés de BTP qui se partagent le gâteau. Mais l'Etat, qui a désespérément besoin à la fois de relancer l'activité et de remplir ses caisses, a tout intérêt à transiger avec elles. Sinon, elles risquent de ne rien lâcher avant la fin des concessions, entre 2027 et 2033.

Source : L'Express
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Une fois de plus, Vinci se fait étriller par une administration pour "gavage d'actionnaires".
Une fois de plus, Vinci salit l'image des ASF, notre société.

Il est plus que temps que l'Etat (donc les Français-e-s) reprennent les clés de la maison ASF avant que celle-ci ne soit complètement vandalisée par Vinci.

SUD ASF Brive demande le départ immédiat du pdg Coppey pour avoir répandu une mauvaise image de notre société et donc de nuire à son renom !
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