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 Syndicats : en local et au national, même combat ?

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MessageSujet: Syndicats : en local et au national, même combat ?   Lun 6 Mai - 15:33

Dans les entreprises, les syndicats signent des accords... parfois décriés par leur centrale, au niveau national. Le fossé se creuse-t-il ? Pas si simple.

Vendredi 26 avril. A l'usine Bosch d'Onet-le-Château, dans l'Aveyron, les salariés, représentés par les syndicats, et la direction, signent un accord modulant les salaires et le temps de travail. Parmi les signataires, la CGT et Sud, pourtant assez réticents sur les accords visant à préserver la compétitivité au niveau national. Tous deux ont ainsi refusé de signer l'accord national interprofessionnel (ANI) sur l'emploi en janvier.

Une question de contexte ?

"On est loin du contenu de l'ANI, ou de l'accord compétitivité signé chez Renault", explique Philippe Martinez, secrétaire général de la fédération metallurgie de la CGT. L'accord signé ne propose pas de gel des salaires, avance-t-il, les jours de RTT sont capitalisés, et il y a un programme de départs en retraite financé par l'entreprise. Début janvier, la direction avait proposé un projet bien plus radical, avec un gel des salaires pendant trois ans et des suppressions d'emplois. "On sait que ce n'est pas un accord de projet social, loin de là, mais tout ça s'inscrit dans un contexte", explique Philippe Martinez, également membre de la confédération nationale.

La position de la CGT au niveau national n'est donc pas en désaccord avec la position de sa locale de l'usine Bosch d'Onet-le-Château, selon le syndicaliste. Pourtant, ces dernières semaines, de nombreux accords ont été signés. Parfois à l'encontre de ce que réclame la centrale syndicale au niveau national.

Ainsi, en début d'année, la direction de Renault réussi à faire passer un accord de compétitivité, comme elle y était auparavant parvenue en Espagne. Les délégués CFDT et CFE-CGC signent l'accord de compétitivité. Ainsi que FO, pourtant opposé, au niveau national, à l'ANI. "S'il y a une forte adhésion, c'est parce-que chacun a conscience qu'il n'y avait pas de plan B pour Renault en France" se targue Carlos Ghosn après ce succès, le 13 mars 2013.
L'usine Dunlop à Amiens sud a évité le sort de celle Goodyear à Amiens nord en signant un accord de flexibilité dès 2008, acceptant de nombreuses concessions: passer à une organisation du travail en "4x8" sans augmentation de salaire. Ils ont été amenés à travailler jusqu'à 48 heures par semaine. En contre-partie la direction s'est engagée à investir 50 millions d'euros en trois ans et à maintenir la production et les emplois sur le site d'Amiens, spécialisé dans la production de pneus haut de gamme. Majoritaires, la CGT, la CFTC et FO signent l'accord, contre l'avis des salariés et contre celui de leurs représentants nationaux. Bernard Thibault exclu les délégués CGT de son syndicat. "Nous n'avons pas les moyens d'être au chômage", répond l'un d'eux.
A l'inverse, certains syndicalistes, au sein des entreprises, se montrent parfois plus radicaux que leur centrale nationale. En 2009, le délégué CGT de l'usine continental de Clairoix, Xavier Mathieu, s'était vivement attaqué à la direction du syndicat, et lui avait même reproché de "frayer avec le gouvernement". "On n'est pas soutenus", avait-il affirmé au Monde.fr fin août. Il en voulait à Bernard Thibault de ne pas avoir soutenu ouvertement les syndicalistes convoqués par la justice suite à des détériorations dans la préfecture de l'Oise. "Quand on a demandé de l'aide, il n'y a que des partis politiques de gauche qui sont venus et aucune confédération syndicale. (...) La CGT a laissé ses propres délégués dans la merde. C'est honteux." s'indignait-il. Interrogé sur une éventuelle fracture entre les directions des confédérations et la base, le syndicaliste répondait "la fracture entre la base et les directions est générale".
"Décalage par rapport aux attentes"

A l'instar de Xavier Mathieu, les désormais médiatiques Edouard Martin (CFDT) de l'usine ArcelorMittal de Florange ou encore Jean-Pierre Mercier (CGT) de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois, donnent un autre visage au syndicalisme que les dirigeants des confédérations, plus habitués à négocier avec le gouvernement et le patronat.

"Il est vrai que ces équipes de base, qui doivent agir dans l'urgence, ont souvent le sentiment que les bureaucraties syndicales - fédérales ou confédérales - sont en décalage par rapport à leurs propres attentes, ne serait-ce que parce qu'elles ne sont pas confrontées au même tempo, ne sont pas dos au mur, comme elles", analyse Dominique Andolfatto, professeur de sciences politiques à l'université de Bourgogne et auteur de "Les syndicats en France"*.

Mais l'universitaire tempère cette division : Edouard Martin, par exemple, a montré son attachement à la CFDT, même s'il semble être un électron libre. "Mais sans doute que la CFDT trouve aussi un intérêt à cette situation. Contrairement à une image que beaucoup lui renvoient, elle apparaît 'dans les luttes'... lesquelles ne sont donc pas l'apanage de la seule CGT, FO ou les syndicats SUD".

"Au cas par cas"

Pour Dominique Andolfatto, "ces désaccords doivent être nuancés et appréciés au cas par cas". "les appareils fédéraux ou confédéraux ont même plutôt eu tendance à accroître leur 'autorité' ces dernières années", notamment par l'instauration de règles organisationnelles ou financières, estime-t-il. De même, c'est au niveau des centrales que les syndicalistes trouvent des ressources, notamment juridiques.

"Le vécu des salariés est différent que l'on vienne d'une grande entreprise, d'une usine de l'Aveyron ou de banlieue parisienne, la population n'est pas la même, explique Philippe Martinez, on essaie de fédérer". A Bosch ou Florange, "nos objectifs sont les mêmes", précise le cégétiste, même si les moyens d'y arriver peuvent différer.

Source : La Tribune
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