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 Candidature d’Édouard Martin : les syndicalistes sceptiques

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MessageSujet: Candidature d’Édouard Martin : les syndicalistes sceptiques   Lun 23 Déc - 18:20

Nous avons demandé à cinq syndicalistes de Florange, membre de la CFDT, de FO ou de la CGT, de réagir à la candidature aux européennes de leur ancien compagnon de luttes.

L’annonce de la candidature d’Édouard Martin comme tête de liste PS pour les élections européennes dans la région Grand-Est, mardi soir, au 20 heures de France 2, a provoqué une vague de réactions, souvent teintées d’un certain élitisme, singulièrement à droite. Mais les critiques viennent aussi de ceux à qui on ne peut pas faire le procès d’un « mépris de classe » : les syndicalistes.

Les anciens compagnons de luttes d’Édouard Martin à Florange n’ont pas tous apprécié la nouvelle. Même si peu ont été surpris. « C’est un non-événement, déclare Jean Mangin, délégué syndical FO à Florange. On le sentait depuis quelque temps. Déjà le 26 septembre, lorsque François Hollande est venu à Florange, on voyait que c’était une sorte de jeu de rôle, ce qui était en train de se passer. » Même chose pour Lionel Burriello, secrétaire général CGT Florange :

« Ce n’est pas une surprise du tout. Les rumeurs étaient persistantes et on sentait bien depuis quelque temps que ses déclarations étaient plus politiques que syndicales. »

Seul Frédéric Weber, secrétaire général adjoint du syndicat FO Florange avoue avoir été quelque peu étonné par la rapidité de l’annonce : « Il y avait bien sûr beaucoup de rumeurs, mais je ne pensais pas que ça aurait lieu maintenant. C’est quand même très tôt après notre combat à Florange. Ça ne m’étonne pas qu’il entre en politique, mais je pensais qu’il le ferait plus tard. » En revanche, à la CFDT (l’ancien syndicat d’Édouard Martin), on salue son choix. Ainsi, Antoine Terrak, sympathisant CFDT et autre figure du combat de Florange, se dit « très satisfait qu’il se lance. Il a largement sa place dans cette campagne ».

En réalité, ce n’est pas tant l’engagement en politique d’Édouard Martin qui irrite les syndicalistes que son choix de porter les couleurs du PS. « Forcément ça interpelle, ça nous choque même, reconnaît Jean Mangin. Il va se jeter dans la gueule du loup. » Même son de cloche avec Frédéric Weber :

« Ce qui est le plus surprenant, c’est son choix du PS. Je m’attendais plus à le voir dans un nouveau mouvement, novateur. Pas auprès du parti qui est celui du gouvernement et avec qui on a été en conflit pendant des mois et dont on fustigeait des décisions dénuées de volontarisme. D’une certaine manière, cela signifie qu’il cautionne la politique du gouvernement, la situation actuelle, y compris à Florange. »

« Ce n’est pas cohérent, renchérit Lionel Burriello, surtout après les propos qu’il a pu tenir à l’égard de Jean-Marc Ayrault, le qualifiant de traître. S’il s’était présenté sans étiquette, ou bien avec les Verts ou le Front de gauche, j’aurais pu comprendre. » Frédéric Marris, responsable du collectif jeunes de la CGT Florange l’accuse même d’avoir « fait du cinéma ».
Mais pour Antoine Terrak, Édouard Martin ne trahit pas ses idées : « Il est d’une honnêteté sans faille. S’il a accepté d’être sur la liste PS, c’est parce qu’il a obtenu des garanties, notamment d’avoir une liberté de parole. » Quant à ses coups de sang contre le gouvernement, Antoine Terrak les explique ainsi : « On est toujours plus virulent contre sa famille quand elle nous déçoit. »

Tous insistent malgré tout sur sa liberté de choix. « C’est son choix personnel », estime Jean Mangin. « Chacun a le droit d’avoir une opinion politique », admet Frédéric Weber, tandis que Lionel Burriello évoque une « décision personnelle », et Frédéric Marris, un « choix en son âme et conscience ». Mais les quatre hommes estiment que c’est une erreur de mélanger syndicalisme et politique :

« La politique, ce n’est pas ce sur quoi se focalise FO, affirme Jean Mangin. Nous, ce qui nous intéresse, c’est la réalité du terrain, la défense des salariés. Est-ce que son élection changerait quoi que ce soit sur ces questions ? Ça m’étonnerait… »

Côté CGT, Lionel Burriello estime que « le syndicalisme ne doit pas être le bras armé du politique ».

« À un moment, il faut savoir quel est son combat »

Sur les raisons de cette entrée en politique auprès du PS, les syndicalistes ne souhaitent pas émettre trop d’hypothèses, estimant que c’est à « Édouard », comme ils l’appellent tous, de s’en expliquer. Mais ils évoquent forcément un peu d’ambition personnelle. « On ne se lance pas en politique sans ambition, mais ça ne peut pas être que pour ça », résume Frédéric Weber. Tous reconnaissent qu’il peut avoir de bonnes intentions. Quand on évoque la possible volonté du parti socialiste de vouloir utiliser l’ancienne figure médiatique de Florange pour affaiblir le FN, la réponse de Frédéric Weber ne se fait pas attendre :

« À un moment il faut savoir quel est son combat. Soit c’est de lutter contre le FN, auquel cas sa position est logique. Soit c’est de défendre les salariés, et je ne pense pas qu’il y parvienne au Parlement européen alors que de nombreux autres députés y ont échoué avant lui. »

« Désormais, on sent bien que la communication prime sur l’efficacité », note Jean Mangin. En revanche, pour Lionel Burriello, « tous ceux qui combattent le FN méritent notre soutien ». Et Antoine Terrak d’aller dans le même sens : « Le connaissant, ça peut aussi être un combat qu’il porte et, évidemment, ce combat, on y adhère. »

Sans surprise, le cédétiste Antoine Terrak estime que cette candidature peut être utile :

« Il faut parfois savoir monter dans le train. C’est une façon de continuer le combat, d’œuvrer pour changer les choses de l’intérieur. Une fois que la décision a été prise par le gouvernement, il faut tout laisser tomber ? C’est au niveau européen que tout se décide et il faut donc poursuivre le combat à ce niveau. Parfois, les banderoles ne suffisent plus. Et puis, en tant qu’ouvrier, ça met un peu de baume au cœur de voir qu’un ouvrier peut nous représenter. Mieux que lui, il n’y a pas. Il connaît ses dossiers et le terrain, ça change. »

Mais les autres craignent surtout que cette candidature desserve leur combat. « Ça ternit un peu l’image. Les gens risquent de se demander s’il n’a pas fait tout ça par ambition personnelle et pour s’assurer une place confortable sur les listes, même très confortable puisque, étant tête de liste, il est assuré d’être élu », regrette Frédéric Weber. Même inquiétude chez Lionel Burriello : « Les salariés se méfient déjà des syndicats, parfois accusés d’être vendus ou corrompus. On ne veut pas que ça vienne salir l’image du syndicalisme et de notre combat. » Frédéric Marris explique d’ailleurs que les salariés n’ont pas apprécié son choix et « ça peut finir par se retourner contre nous, sur le mode du “tous pourris” qui viendrait un peu plus nourrir le FN ».

Source : Politis
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